Tous les bois ne se valent pas lorsqu’il s’agit d’alimenter un feu de cheminée. Bois traités, peints, humides ou issus de certaines essences peuvent dégager des substances toxiques, encrasser le conduit et accroître le risque d’incendie. Alors, lesquels faut-il absolument écarter ? Cet article vous aidera à reconnaître les combustibles inadaptés et à choisir un bois plus sûr pour votre santé, votre installation et l’environnement.
Quels bois ne faut-il jamais brûler ?
Tous les morceaux de bois ne peuvent pas servir de bois de chauffage. Dans une cheminée, un insert ou un poêle, il faut privilégier du bois naturel, non traité et suffisamment sec. À l’inverse, certains matériaux doivent être écartés en raison des polluants qu’ils peuvent libérer ou des problèmes qu’ils peuvent provoquer dans l’installation.
Il ne faut notamment pas brûler :
- du bois traité avec des produits de préservation, insecticides ou fongicides ;
- du bois peint, verni, lasuré ou recouvert d’un autre produit ;
- des panneaux de particules, de l’aggloméré, du MDF, de l’OSB ou du contreplaqué ;
- des meubles, portes, parquets ou éléments de construction dont le traitement est inconnu ;
- des palettes lorsqu’on ne peut pas garantir qu’elles sont en bois brut et non contaminées ;
- du bois provenant de chantiers ou de démolitions sans certitude sur sa composition ;
- du bois flotté ou ayant séjourné dans l’eau de mer ;
- du bois très humide ou fraîchement coupé.
Les panneaux reconstitués et les éléments d’ameublement sont particulièrement inadaptés. Ils peuvent contenir des colles, résines, peintures, traitements chimiques ou autres substances qui n’ont pas vocation à être brûlées dans un appareil domestique.
Même si un morceau de bois semble propre extérieurement, son origine reste importante. Une ancienne poutre, une planche de terrasse ou une chute de chantier peut avoir reçu un traitement peu visible.
Pourquoi éviter le bois humide dans une cheminée ?
Un bois humide n’est pas seulement difficile à allumer. Une partie importante de l’énergie produite par le feu sert d’abord à évaporer l’eau qu’il contient. Il fournit donc moins de chaleur utile qu’un bois correctement séché.
Cette combustion à plus basse température favorise également une combustion incomplète. Elle produit davantage de fumées et de particules et peut accélérer la formation de dépôts dans le conduit.
Ces dépôts peuvent notamment comprendre de la suie et des composés condensés communément associés au bistre ou au goudron. Leur accumulation dégrade le fonctionnement de l’installation et peut augmenter le risque de feu de cheminée.
Pour obtenir une combustion satisfaisante, il convient donc d’utiliser un bois bien sec. Les recommandations actuelles retiennent généralement un taux d’humidité inférieur à environ 20 à 23 % selon les référentiels utilisés.
Comment savoir si le bois est suffisamment sec ?
L’aspect du bois fournit quelques indices. Un bois correctement séché présente souvent des fissures aux extrémités, paraît relativement léger et produit un son plus clair lorsque deux bûches sont frappées l’une contre l’autre.
Ces signes restent toutefois approximatifs. Le moyen le plus fiable consiste à utiliser un humidimètre pour bois, en mesurant de préférence l’humidité à l’intérieur d’une bûche fraîchement fendue plutôt qu’à sa seule surface.
Un bois coupé récemment doit être stocké suffisamment longtemps avant utilisation. La durée nécessaire dépend de l’essence, du diamètre des bûches, de leur fendage et des conditions de stockage. Un emplacement couvert, ventilé et protégé de l’humidité du sol favorise le séchage.
Les bois traités sont-ils dangereux à brûler ?
Oui. Le bois traité ne doit pas être utilisé comme combustible dans une cheminée domestique.
Les produits destinés à protéger le bois contre les insectes, les champignons, l’humidité ou les intempéries peuvent contenir différentes substances chimiques. Lorsqu’elles sont soumises à une température élevée, leur combustion peut libérer des composés indésirables dans les fumées et laisser des résidus dans les cendres.
Cela concerne notamment certains éléments provenant de :
- clôtures et piquets ;
- terrasses et aménagements extérieurs ;
- charpentes et matériaux de construction ;
- traverses ou anciens bois industriels ;
- meubles traités ;
- chutes récupérées sur un chantier.
Le fait qu’un bois soit ancien ne signifie pas que son traitement a disparu. Certains produits peuvent rester présents pendant de nombreuses années.
Attention au bois de récupération
Le bois récupéré gratuitement peut sembler intéressant pour réduire les dépenses de chauffage, mais son origine est parfois impossible à déterminer.
Une planche peut avoir été traitée, imprégnée d’un produit de protection, contaminée par une substance industrielle ou recouverte d’un revêtement retiré depuis. En cas de doute, mieux vaut ne pas la brûler.
Les déchets de bois issus du bâtiment, de l’ameublement ou de travaux doivent être orientés vers les filières de collecte adaptées plutôt qu’utilisés comme combustible domestique.
Peut-on brûler du bois peint ou verni ?
Le bois peint ou verni fait partie des matériaux à exclure d’un foyer. La combustion ne concerne alors plus seulement du bois naturel : elle implique également les composants du revêtement.
Peintures, vernis, lasures et colles peuvent contenir des pigments, solvants, résines et autres substances susceptibles de produire des polluants lorsqu’ils brûlent. Les appareils domestiques ne sont pas conçus pour assurer le traitement des fumées provenant de ce type de déchets.
Il convient donc de ne pas brûler :
- les meubles peints ou vernis ;
- les portes et encadrements anciens ;
- les plinthes ;
- les parquets vitrifiés ou stratifiés ;
- les volets peints ;
- les panneaux décoratifs ;
- les chutes de menuiserie déjà finies.
Poncer un élément peint ne permet d’ailleurs pas forcément de le transformer en bois de chauffage sûr. Des produits peuvent subsister dans les fibres ou sur des zones non décapées.
Le même principe s’applique aux bois collés et aux matériaux composites. Une cheminée n’est pas un incinérateur de déchets domestiques ou de chantier.
Pourquoi les résineux posent-ils problème ?
Les résineux, comme le pin, le sapin, l’épicéa ou le mélèze, ont parfois la réputation d’être totalement interdits dans une cheminée. Cette affirmation est trop catégorique.
Un résineux naturel et bien sec peut brûler, à condition que son utilisation soit compatible avec l’appareil. Il présente cependant des caractéristiques qui justifient certaines précautions.
Les résineux sont généralement moins denses que de nombreux feuillus. À volume équivalent, ils brûlent donc plus rapidement et nécessitent des rechargements plus fréquents. Leur résine peut également favoriser des flammes vives et des projections dans un foyer ouvert.
Le principal problème apparaît surtout lorsque le bois est humide ou lorsque la combustion se déroule mal. Une température insuffisante et un manque d’air favorisent alors la production de fumées et la formation de dépôts dans le conduit.
Les résineux peuvent néanmoins être pratiques pour l’allumage du feu, grâce à leur capacité à s’enflammer rapidement, lorsqu’ils sont propres et correctement séchés.
Il est donc plus juste de ne pas considérer tous les résineux comme des bois interdits. Pour un usage régulier, il convient surtout de respecter les recommandations du fabricant de l’appareil et de privilégier un combustible sec et adapté.
Comment reconnaître un bois impropre au feu ?
Il n’est pas toujours possible d’identifier un bois dangereux au premier regard. Certains indices doivent néanmoins inciter à la prudence.
Une couleur artificielle, une surface brillante, des traces de peinture ou une odeur chimique indiquent qu’un traitement ou un revêtement peut être présent. Des couches collées entre elles révèlent généralement un contreplaqué ou un matériau composite.
Une planche provenant d’un meuble, d’une terrasse ou d’un chantier doit également susciter des précautions, même si aucun traitement n’est visible.
Avant d’utiliser un morceau de bois, plusieurs questions simples peuvent être posées :
- connaît-on précisément son origine ?
- s’agit-il de bois massif naturel ?
- a-t-il été peint, verni, collé ou traité ?
- a-t-il été exposé à des produits chimiques ?
- est-il suffisamment sec ?
- est-il adapté à l’appareil utilisé ?
Lorsque l’origine ou le traitement d’un bois est incertain, il est préférable de ne pas le mettre au feu.
Ne pas se fier uniquement à la couleur des flammes ou de la fumée
Il est difficile de déterminer la présence de substances dangereuses simplement en observant la combustion. Une fumée qui semble normale ne garantit pas que le matériau brûlé soit approprié.
De même, une absence d’odeur particulière ne signifie pas qu’un morceau de bois est exempt de traitement. La provenance du combustible constitue donc un critère beaucoup plus fiable que son comportement une fois dans le foyer.
Quels bois privilégier pour une cheminée sûre ?
Pour une utilisation régulière, les feuillus denses et bien secs constituent généralement un excellent choix. Ils offrent une combustion relativement longue et permettent d’obtenir de bonnes braises.
Parmi les essences couramment recherchées figurent notamment :
- le chêne ;
- le hêtre ;
- le charme ;
- le frêne ;
- l’érable.
Le choix exact dépend néanmoins des essences disponibles localement. Un bois moins dense mais parfaitement sec reste préférable à un excellent bois de chauffage utilisé alors qu’il est encore humide.
Pour réduire les risques et obtenir une combustion efficace, il est conseillé de choisir des bûches non traitées, fendues, propres et correctement séchées. Lors de l’achat, les démarches et certifications de qualité du bois de chauffage peuvent apporter des indications sur l’essence, l’humidité et les caractéristiques du combustible.
Le stockage compte également. Les bûches doivent être protégées de la pluie tout en bénéficiant d’une circulation d’air suffisante. Elles ne doivent pas rester directement au contact d’un sol humide.
Enfin, la qualité du bois ne remplace pas l’entretien de l’installation. Un appareil correctement utilisé, un conduit entretenu conformément aux règles applicables et une combustion suffisamment vive contribuent ensemble à limiter l’encrassement et les émissions.
En pratique, la règle la plus simple consiste à réserver la cheminée au bois de chauffage naturel et sec dont l’origine est connue. Les meubles, panneaux, bois de chantier, éléments peints ou traités et autres déchets doivent être éliminés par les filières appropriées plutôt que brûlés dans le foyer.









